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 Baccalauréat de Philosophie

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Van Damme
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MessageSujet: Baccalauréat de Philosophie   Lun 11 Juin - 22:26

Sujet n°1 : Toute prise de conscience est-elle libératrice ?

Problématique
- nécessité de définir l’éventuelle rétroaction de l’objet que conçoit ma conscience sur mon essence en tant que dialectique d’une liberté en puissance
- l’acte même de la prise de conscience revêt un caractère indéfini au sens où il est compris absolument, il s’agit donc de critiquer cette universalité et d’interroger chaque (et non toute) prise de conscience comme particulière pour opérer une restriction éventuelle
- aporie plus complexe se fait jour : comment concevoir la prise de conscience par un sujet autrement qu’en tant qu’un acte libre et autonome intrinsèquement parlant et qui ne déclencherait rien sinon l’affirmation de la liberté comme déjà inhérente a priori à l’acte de la prise de conscience

I. La prise de conscience est, en fait, médiation vers une liberté inhérente à l’homme
A. Prise de conscience comme première étape dialectique
Le premier pas vers la libération épistémologique (véritable humanisation) se fait par la prise de conscience originelle et fondatrice de l’ignorance = Socrate « Je sais que je ne sais rien ». Dialectiquement parlant, nécessité de la compréhension de l’identité d’ignorance pour le dépassement dans la non-identité qu’est l’autonomie par la connaissance.

B. La liberté politique qui en découle
Liberté qui a un champ d’action socio-politique certain dans le rapport au monde et à autrui. Prise de conscience de l’aliénation qui est la condition dialectique de la liberté (Marx) puisqu’elle conduit à la critique et au dépassement par la lutte des classes. Force de la dialectique marxiste comparée à la dialectique hégélienne car Marx en la « renversant », la pense dans le devenir alors qu’Hegel se place en spectateur d’un processus achevé.

C. La liberté se contente d’être révélée
Liberté qu’on peut penser comme déjà inhérente à l’homme du simple fait de ses volitions, de ses désirs et de ses choix = Sartre, « l’existence précède l’essence », « condamnés à la liberté ». Elle serait en fait la seule essence de l’homme qui se révèlerait comme telle par le seul et simple acte de la prise de conscience contre la mauvaise foi (fausse définition de la liberté comme faire ce que l’on veut = illusion de ne pas être libre).

II. La prise de conscience, en soi, est incapable de mener à la liberté
A. La prise de conscience est prédéterminée
Contradiction de Marx posée avec Marx lui-même. Prendre conscience, en tant qu’individu de sa propre aliénation, suppose de ne pas être aliéné. Or « notre existence sociale détermine notre conscience » (Contribution à la critique de l’économie politique). Conscience elle-même ne peut ni libérer, ni abstraire car elle est informée et déterminée socialement. Il y a donc un a priori de l’aliénation qui supprime toute liberté en fait. L’arbitraire constitutionnel peut éventuellement faire exister ma liberté en droit.

B. Chaque (et non toute) prise de conscience
Problème plus important encore qu’est cet universel indéfini de toute prise de conscience. Elle nierait toute distinction nominaliste entre les différentes formes de prise de conscience. Si on peut, certes, penser une conscience réfléchie comme un médiateur vers le savoir et la liberté, la conscience immédiate est aporétique. Elle n’est pas encore conscience de soi, elle est représentation plus ou moins vague d’un hic et nunc trompeur = Hegel, premier chapitre de Phénoménologie de l’Esprit, « forme la plus pauvre de la connaissance ».

C. La prise de conscience impossible
On peut aller plus loin. Les facultés cognitives de la conscience et de la raison ne correspondent pas à la libération de l’homme. La raison ne peut mener à la connaissance de l’Absolu (Kant, Critique de la raison pure) car il dépasse toutes les catégories vers lesquelles mène le jugement déterminant. Elle laisse sur ce point l’homme dans le doute et la croyance, donc dans l’hétéronomie qui est contraire à la liberté.

III. La prise de conscience se fait par le truchement d’autrui
A. La médiation d’autrui
Impossibilité de la prise de conscience en tant qu’acte individuel vers la liberté car on oublie de comprendre autrui = réfutation du solipsisme. Omission de ce moment dialectique a fait s’effondrer l’édifice. « Autrui est le médiateur indispensable entre moi et moi-même » (Sartre, L’Être et le Néant) : exemple de la honte pour le rôle d’autrui dans la prise de conscience dans le pour soi mais toujours devant autrui même quand il n’est pas là. Toute autre prise de conscience est vouée à l’échec car, en tant qu’autre conscience, autrui est un témoignage de la vérité de mon existence.

B. L’éducation comme prise de conscience par la contrainte en vue de la liberté
Comment penser la dialectique de la liberté par le truchement d’autrui ? L’acquisition de l’autonomie passe par la contrainte (Platon, La République, allégorie de la caverne) dans l’éducation, opérée par un magister et non pas un dominus = non pas prendre conscience mais FAIRE prendre conscience. Par la suite, négation dialectique de la contrainte dans l’obligation.

Conclusion
- Toute prise de conscience n’est pas libératrice (différentes formes, nécessaire médiation d’autrui…)
- Retour possible au domaine politique puisque la prise de conscience a été définie. Penser la société comme un système où des consciences libres coexistent et se soumettre aux lois de la cité non pas par contrainte mais par obligation et en connaissance du contrat social qui relie les différents individus.
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Uranium
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MessageSujet: Re: Baccalauréat de Philosophie   Dim 24 Juin - 21:12

Joli. jap

Je posterais mon plan si j'ai eu une bonne note freedent
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Toubib
Van Damme
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MessageSujet: Re: Baccalauréat de Philosophie   Dim 24 Juin - 23:31

Si je peux me permetre une remarque un C dans ton III aurait été mieux.
Mais si non jolie boulo je dirais.
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MessageSujet: Re: Baccalauréat de Philosophie   

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